Les ressortissants algériens installés en France disposent d’une possibilité de préparer leur retraite en Algérie grâce à un système de cotisation volontaire. Accessible sous certaines conditions, ce dispositif permet aux membres de la diaspora de bénéficier d’une pension de retraite algérienne, même lorsqu’ils exercent leur activité professionnelle à l’étranger.

Mis en place en 2023, ce mécanisme d’affiliation volontaire à la sécurité sociale algérienne s’adresse notamment aux salariés et aux travailleurs indépendants établis hors du territoire national.

La Caisse nationale des assurances sociales (CNAS) a d’ailleurs renouvelé, durant l’été 2026, ses actions de sensibilisation afin d’informer les Algériens de l’étranger sur les avantages et les conditions de ce dispositif.

Qui peut bénéficier de cette affiliation volontaire ?

Conformément au décret exécutif n° 22-351 du 18 octobre 2022, plusieurs critères doivent être respectés pour accéder à ce régime.

Le demandeur doit notamment :

  • Être de nationalité algérienne et résider à l’étranger.
  • Avoir moins de 55 ans au moment de son affiliation.
  • Être inscrit auprès d’un consulat ou d’une représentation diplomatique algérienne.
  • Exercer une activité professionnelle salariée ou indépendante.
  • Ne pas être déjà affilié obligatoirement au régime algérien de sécurité sociale.

Ainsi, un Algérien travaillant en France peut continuer à exercer son activité tout en constituant progressivement des droits à la retraite en Algérie.

Quel montant faut-il verser chaque mois ?

Le taux global de cotisation est fixé à 31,25 % du revenu de référence déclaré, réparti entre deux branches :

  • 18,25 % pour la retraite.
  • 13 % pour l’assurance maladie et maternité.

L’assiette de cotisation ne peut pas être inférieure à trois fois le salaire de référence réglementaire.

Les versements s’effectuent chaque trimestre, en devises convertibles, selon les modalités prévues par la réglementation algérienne.

Comment effectuer son inscription depuis la France ?

Les démarches peuvent être réalisées à distance, sans déplacement préalable en Algérie, grâce à la plateforme numérique de la CNAS.

Pour déposer une demande, il faut généralement fournir un extrait de naissance, une copie du passeport, une carte d’immatriculation consulaire ainsi qu’un justificatif d’activité professionnelle.

Le demandeur doit ensuite compléter le formulaire électronique, transmettre les documents nécessaires et suivre le traitement de son dossier.

Lien officiel d’inscription : https://teledeclaration.cnas.dz/signup.xhtml

À partir de quel âge peut-on toucher sa retraite ?

Le dispositif prévoit un départ à la retraite à 65 ans, à condition de justifier d’au moins 15 années de cotisations.

Pour les femmes, la pension peut être demandée dès 60 ans, sous réserve d’avoir accompli les 15 années de versements exigées.

Les personnes ayant cotisé pendant au moins cinq ans peuvent, sous certaines conditions, bénéficier d’une allocation de retraite.

La réglementation prévoit également la possibilité de racheter jusqu’à cinq années de cotisations manquantes pour atteindre la durée requise.

Attention : la pension est versée uniquement en Algérie

Il s’agit d’un point essentiel pour les Algériens qui envisagent de rester en France après leur départ à la retraite.

Même si les cotisations sont réglées en devises, les prestations de ce régime sont versées en dinars algériens et ne sont pas servies à l’étranger.

De même, la couverture des soins médicaux et de maternité prévue dans ce cadre concerne les prestations réalisées sur le territoire algérien.

Enfin, cette affiliation volontaire ne signifie pas que les années travaillées en France sont automatiquement transférées vers le régime de retraite algérien.

Les droits acquis auprès des organismes français restent soumis à leurs propres règles et aux accords de sécurité sociale applicables entre les deux pays.

Un dispositif à étudier avant de s’engager

Cette formule peut représenter une solution intéressante pour les Algériens de France qui souhaitent préparer leur retour au pays ou disposer de droits à la retraite en Algérie.

Toutefois, avant de procéder à l’affiliation, il est conseillé de se renseigner auprès de la CNAS sur les cotisations à payer, les conditions d’ouverture des droits et les modalités de versement des prestations.

Source réglementaire : décret exécutif n° 22-351 du 18 octobre 2022.

FREHA 24 – Actualité nationale et diaspora algérienne.