L’allocation chômage versée aux primo-demandeurs d’emploi en Algérie a connu plusieurs changements importants en 2026. Son montant est désormais fixé à 18 000 DA par mois, mais son maintien est soumis à des règles plus strictes, notamment concernant le renouvellement de l’inscription auprès de l’ANEM et les offres d’emploi proposées aux bénéficiaires.

Ces nouvelles dispositions sont prévues par le décret exécutif n° 26-87 du 21 janvier 2026, qui modifie le dispositif instauré en 2022.

Près de neuf mois après l’entrée en vigueur des nouvelles mesures, certaines règles restent encore mal comprises. Durée de versement, renouvellement, validation semestrielle ou encore suspension : voici l’essentiel à retenir.

Une allocation portée à 18 000 DA par mois

Depuis le 1er janvier 2026, le montant mensuel de l’allocation chômage est passé de 15 000 DA à 18 000 DA.

Cette revalorisation avait été décidée lors du Conseil des ministres du 30 novembre 2025 avant d’être officialisée par le décret exécutif n° 26-87, publié au Journal officiel le 22 janvier 2026.

Les bénéficiaires continuent également de profiter des prestations en nature de l’assurance maladie. La cotisation sociale correspondante est prise en charge par l’État.

Le dispositif représente une dépense importante pour les finances publiques : la loi de finances 2026 lui consacre plus de 420 milliards de dinars.

Combien de temps peut-on toucher l’allocation chômage ?

C’est l’un des principaux changements introduits en 2026.

L’allocation est désormais accordée pour une période de 12 mois, alors que la durée initialement prévue lors du lancement du dispositif était de six mois.

Cette période peut être renouvelée une seule fois pour une nouvelle année, à condition que le bénéficiaire continue de remplir les critères exigés et respecte ses obligations.

Le nouveau dispositif prévoit également une année supplémentaire pour les bénéficiaires inscrits depuis au moins 24 mois, selon les conditions fixées par le texte.

Qui peut bénéficier des 18 000 DA ?

Les principales conditions d’accès au dispositif restent celles établies depuis 2022.

Le demandeur doit notamment :

  • être de nationalité algérienne et résider en Algérie ;
  • être âgé de 19 à 40 ans ;
  • être inscrit auprès de l’ANEM comme primo-demandeur d’emploi depuis au moins six mois ;
  • ne disposer d’aucun revenu ;
  • être en règle vis-à-vis du service national ;
  • ne pas suivre des études supérieures ou une formation professionnelle ;
  • ne pas avoir bénéficié de certains dispositifs publics d’aide à la création d’activité, à l’insertion ou d’aide sociale.

La situation du conjoint est également prise en compte puisque celui-ci ne doit pas disposer de revenu, conformément aux conditions du dispositif.

Certaines exceptions existent néanmoins, notamment concernant les bénéficiaires de petites pensions ou allocations répondant aux critères prévus par la réglementation.

Attention : l’inscription doit être validée tous les six mois

C’est une obligation particulièrement importante à retenir.

Le bénéficiaire doit désormais valider son inscription auprès de l’ANEM tous les six mois afin de maintenir son droit à l’allocation.

Cette opération peut être effectuée via les services numériques de l’ANEM ou directement auprès de l’agence dont dépend le demandeur d’emploi.

Un oubli ou le non-respect des démarches demandées peut entraîner une suspension du versement jusqu’à la régularisation de la situation.

Refuser une offre d’emploi peut faire perdre l’allocation

Les règles concernant les offres d’emploi ont également été renforcées.

Le bénéficiaire doit répondre aux convocations de l’ANEM et ne peut pas refuser une offre d’emploi lorsque celle-ci correspond à ses qualifications.

Avec les nouvelles dispositions, le refus d’une seule offre adaptée peut entraîner la fin du bénéfice de l’allocation. Auparavant, le dispositif permettait davantage de souplesse puisqu’un premier refus pouvait être toléré.

Les bénéficiaires doivent donc surveiller régulièrement les convocations et les informations communiquées par l’agence.

Formation et mise à jour des informations

Le demandeur d’emploi doit également poursuivre activement ses démarches d’insertion professionnelle et rechercher, lorsque cela est nécessaire, une formation qualifiante ou diplômante.

L’allocation peut continuer à être versée pendant la formation dans les conditions prévues par la réglementation.

Tout changement important doit par ailleurs être signalé à l’ANEM, notamment une modification du numéro de téléphone ou de la situation familiale.

Service national : il faut prévenir l’ANEM

Une règle particulière concerne les bénéficiaires appelés à effectuer leur service national.

Ils doivent informer l’ANEM dès réception de leur convocation. Les allocations éventuellement perçues pendant une période où le bénéficiaire n’y avait plus droit peuvent être considérées comme un trop-perçu et faire l’objet d’une demande de remboursement.

Comment vérifier son dossier ?

Le suivi de l’allocation chômage peut notamment être effectué à travers la plateforme numérique Minha de l’ANEM.

Le bénéficiaire peut y consulter la situation de son dossier et identifier, lorsqu’elle est indiquée, la raison d’une suspension ou d’un rejet.

Lorsqu’une suspension résulte d’une démarche administrative non accomplie, une régularisation peut permettre la réactivation du dossier après vérification par l’ANEM.

L’agence examine également de nouvelles demandes et programme des rendez-vous afin de vérifier l’éligibilité des candidats au dispositif.

Dans quels cas l’allocation peut-elle être suspendue ?

Plusieurs situations peuvent entraîner une suspension ou une suppression du droit à l’allocation, notamment le non-respect des conditions d’éligibilité, l’absence à certaines convocations ou le refus d’une offre d’emploi adaptée.

Une incompatibilité existe également avec certaines activités. Le dispositif réglementant la micro-importation, adopté en 2025, prévoit notamment que l’exercice de cette activité est incompatible avec le bénéfice de l’allocation chômage.

Des contrôles renforcés par l’ANEM

Afin de vérifier la situation réelle des bénéficiaires, l’ANEM procède à des croisements d’informations avec de nombreuses bases de données administratives.

En cas de versement indu, les sommes reçues peuvent être réclamées au bénéficiaire. Des procédures de remboursement amiable peuvent être mises en place selon les situations.

En revanche, les cas de fraude ou de falsification de documents peuvent entraîner des mesures plus importantes, y compris des poursuites prévues par la législation.

Ce qu’il faut retenir

Pour continuer à percevoir les 18 000 DA mensuels, il ne suffit donc pas d’avoir obtenu l’allocation. Le bénéficiaire doit continuer à remplir les conditions du dispositif, valider son inscription tous les six mois, répondre aux convocations de l’ANEM et accepter les offres d’emploi adaptées à son profil.

En cas de doute sur la situation d’un dossier, il est recommandé de consulter directement la plateforme Minha ou de se rapprocher de l’agence ANEM concernée avant d’entreprendre toute autre démarche.