L’attaque à l’arme blanche survenue samedi 22 février à Mulhouse continue de susciter une vive émotion et des réactions politiques. Un homme de 37 ans, identifié comme Brahim A., a poignardé plusieurs personnes dans un marché couvert, tuant un ressortissant portugais de 69 ans et blessant cinq policiers municipaux. L’auteur des faits, connu des services de police et fiché pour radicalisation, faisait l’objet d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF), mais son expulsion n’avait jamais été exécutée en raison du refus de l’Algérie de lui délivrer un laissez-passer consulaire.

Un acte terroriste confirmé

L’enquête a été confiée au parquet national antiterroriste, qui a ouvert une procédure pour « assassinat en relation avec une entreprise terroriste » et « tentative d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste sur des personnes dépositaires de l’autorité publique ». Plusieurs témoins rapportent que l’assaillant a crié « Allah Akbar » lors de l’attaque, renforçant ainsi la qualification terroriste des faits.

Déjà condamné en 2023 pour apologie du terrorisme, Brahim A. avait été repéré pour ses publications radicales sur les réseaux sociaux, dans lesquelles il appelait à « prendre les armes et combattre les mécréants ». Son état mental est également évoqué par les autorités, qui le décrivent comme souffrant de schizophrénie et en « rupture de soins ».

Un nouveau point de tension entre Paris et Alger

Cette attaque relance les tensions diplomatiques entre la France et l’Algérie sur la question des expulsions. Bruno Retailleau, ministre de l’Intérieur, a accusé Alger d’avoir refusé à dix reprises la délivrance d’un laissez-passer permettant l’expulsion de Brahim A., qui était arrivé illégalement en France en 2014.

« Voilà un individu qui aurait dû être accepté par l’Algérie. À dix reprises, mes services ont relancé le consulat algérien, sans succès », a déclaré le ministre sur le plateau de TF1, rejetant toute responsabilité sur la politique migratoire française.

Cette prise de position a suscité des réactions contrastées, certains dénonçant un amalgame entre immigration et terrorisme, tandis que d’autres pointent du doigt les failles dans l’application des OQTF.

Une affaire aux multiples enjeux

Au-delà de la question diplomatique, cette attaque soulève une problématique plus large sur la gestion des individus fichés pour radicalisation et souffrant de troubles psychiatriques. La justice avait interdit à Brahim A. de rester sur le territoire français, mais son expulsion n’a jamais été appliquée, permettant ainsi à cet individu dangereux de commettre l’irréparable.

Alors que l’enquête se poursuit, l’affaire alimente un débat politique sur la sécurité, la lutte contre le terrorisme et la politique migratoire, dans un climat déjà marqué par de vives tensions entre la France et l’Algérie.