Lors d’une récente audition à l’Assemblée populaire nationale sur le projet de loi relatif à la lutte contre les stupéfiants, une proposition a particulièrement retenu l’attention : récompenser financièrement les citoyens qui aideraient à démanteler des réseaux de trafic. Si l’initiative peut sembler séduisante, les parlementaires ont tenu à en encadrer strictement les modalités.
Une incitation sous conditions
Face à la montée en puissance des réseaux criminels, les élus plaident pour une approche combinant fermeté juridique et mobilisation citoyenne. Le texte prévoit ainsi des « incitations financières ou autres » pour les personnes fournissant des informations conduisant à des arrestations ou à des saisies significatives.
Mais attention : pas question de rémunérer de simples rumeurs. Les primes ne seront attribuées que si les renseignements permettent des résultats tangibles :
- L’identification de trafiquants avérés,
- La saisie de quantités importantes de drogue,
- Le démantèlement d’un réseau organisé.
De plus, le versement interviendra uniquement après validation par les services compétents, une fois l’enquête bouclée.
Tests antidrogue dans la fonction publique : un sujet sensible
Autre mesure controversée : l’instauration de tests de dépistage dans les concours administratifs. Si certains y voient un outil de prévention, d’autres s’inquiètent des risques de stigmatisation, notamment via la création d’une base de données. Pour contourner ce problème, des députés suggèrent d’intégrer ces tests dans le cadre scolaire, de manière anonyme, afin de protéger la vie privée des jeunes.
Vers une stratégie nationale renforcée
Les discussions ont aussi mis en avant la nécessité d’une meilleure coordination dans la lutte antidrogue. Parmi les pistes évoquées :
- La création d’un pôle national dédié,
- L’ouverture de centres spécialisés dans chaque wilaya,
- Un suivi annuel basé sur des indicateurs précis (saisies, tendances de consommation…).
Enfin, les professionnels exposés (chauffeurs, employés de certains secteurs) pourraient être soumis à des contrôles médicaux réguliers, afin de prévenir les risques liés à la consommation de stupéfiants.
Entre incitations, sanctions et renforcement institutionnel, ce projet de loi vise à adapter la réponse algérienne à un fléau en constante mutation.
