Cinq Algériens mis en examen dans une vaste affaire de trafic de faux papiers à Grenoble

Le procureur de la République de Grenoble a annoncé, ce jeudi, que cinq hommes, de nationalité algérienne et âgés de 29 à 35 ans, ont été mis en examen le 10 octobre dernier. Ils sont accusés de recel en bande organisée d’un bien provenant d’un vol, d’aide à l’entrée et au séjour irréguliers d’étrangers, de fourniture frauduleuse de documents administratifs, de détention et d’usage de faux documents d’identité, ainsi que de blanchiment. Quatre d’entre eux ont été placés en détention provisoire, tandis que le cinquième est sous contrôle judiciaire.

Enquête déclenchée par des interceptions douanières

L’enquête remonte au début de l’année 2023, lorsque les douanes de l’aéroport Saint-Exupéry à Lyon ont intercepté des colis expédiés depuis Grenoble vers la Turquie. À l’intérieur de ces envois se trouvaient de nombreux documents d’identité français signalés comme volés en Isère, totalisant 32 cartes nationales d’identité et 9 passeports. Cette découverte a conduit à l’ouverture d’une enquête par l’Office de lutte contre le trafic illicite de migrants (OLTIM), permettant de retracer les expéditeurs qui envoyaient ces documents volés à des faussaires en Turquie.

Activités criminelles diversifiées

Le réseau, basé en Isère, recevait également de faux documents européens en provenance de Turquie, qu’il revendait à des étrangers en situation irrégulière sur le territoire français. Selon le procureur de Grenoble, Éric Vaillant, les activités illégales du groupe incluaient aussi la création et la revente de comptes auprès de la société de livraison de repas Uber Eats, vendus entre 1 000 et 1 500 euros chacun.

Gestion des comptes frauduleux

Concernant les comptes Uber Eats, un des suspects ouvrait et gérait des comptes bancaires à l’aide de faux documents, où étaient versées les recettes des livraisons. Il utilisait ces comptes pour effectuer des virements d’argent et se rémunérait grâce à l’ouverture frauduleuse de comptes Uber Eats, qu’il sous-louait ensuite à ses complices pour un tarif de 100 euros par semaine. Il était soutenu par un réseau de rabatteurs, étrangers en situation irrégulière, opérant à Grenoble, Lyon, et dans les Alpes-Maritimes, qui proposaient divers services aux clients en échange d’une commission.