La France tente de relancer la négociation de l’accord franco-algérien de 1968 sur l’immigration. Le ministère français de l’Intérieur affirme que les deux parties ont poursuivi la reprise des échanges sur l’accord, que Paris souhaite « faire évoluer ». Alger, pour sa part, n’a pas confirmé publiquement cette orientation.
Une visite qui scelle le rapprochement, pas l’accord sur l’accord
À l’issue de la visite officielle de deux jours du ministre algérien de l’Intérieur, Saïd Sayoud, à Paris, le ministre français Laurent Nuñez l’a reçu place Beauvau. Les communiqués algériens officiels restent évasifs sur le sujet migratoire, mentionnant seulement des « dossiers d’intérêt commun » et un « programme de travail établi ».
Paris a précisé que le ministère français de l’Intérieur proposerait de futures « propositions concrètes » pour moderniser le texte, dans une « approche globale » associant la lutte contre l’immigration irrégulière, la gestion des retours et la facilitation des mobilités légales.
Le contexte politique tendu
Réclamée par la France depuis 2024, la remise en cause de l’accord a franchi une étape politique le 30 octobre 2025, lorsque l’Assemblée nationale a adopté une résolution du Rassemblement national visant à le dénoncer, soutenue par Les Républicains et Horizons.
À l’époque, Alger avait rejeté cette démarche. Le ministre algérien des Affaires étrangères Ahmed Attaf avait jugé « attristant » qu’un pays fasse de l’histoire d’une nation indépendante et souveraine l’objet d’une compétition électorale anticipée.
Ce qui a vraiment été acté
Les deux pays ont confirmé la reprise d’une coopération loyale destinée à accélérer les procédures de retour des ressortissants algériens en situation irrégulière en France. Un attaché de sécurité intérieure français a été créé à Alger et les mécanismes institutionnels entre police et gendarmerie, gelés pendant la crise, ont été réactivés. Les deux capitales relancent également leur coopération en matière de protection civile, axée sur la formation et les risques climatiques.
Sur l’accord de 1968, Paris propose ; Alger écoute pour l’instant, sans engager sa position publiquement.
