La France recense son premier cas confirmé d’Hantavirus, une maladie virale rare transmise par les rongeurs, suite au rapatriement de passagers du navire de croisière MV Hondius. La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a annoncé la nouvelle ce lundi sur France Inter, précisant que 22 cas contacts ont été identifiés pour briser les chaînes de transmission.
Contexte de l’épidémie à bord du navire
Le MV Hondius, un bateau de croisière transportant 150 passagers de 20 nationalités, a été placé en quarantaine au large du Cap-Vert après le décès d’un Néerlandais de 70 ans le 11 avril. Les symptômes initiaux – fièvre, maux de tête et diarrhée légère – étaient apparus dès le 6 avril, selon l’OMS. L’ensemble des passagers à bord est considéré comme « contact à haut risque » par l’organisation.
Une passagère française rapatriée a développé des symptômes graves après son retour. Son état s’est dégradé dans la nuit du 10 au 11 mai ; les tests PCR ont confirmé le Hantavirus. Elle est hospitalisée à l’Hôtel-Dieu ou à l’hôpital Bichat à Paris, dans un service spécialisé des maladies infectieuses, et placée à l’isolement.
Symptômes et gravité de la maladie
Apparus 1 à 6 semaines après exposition à des déjections de rongeurs, les premiers signes miment une grippe : fièvre (jusqu’à 40°C), céphalées intenses, douleurs musculaires et abdominales, nausées ou diarrhée. Chez certains, le virus provoque une fièvre hémorragique avec syndrome rénal (insuffisance rénale aiguë nécessitant dialyse) ou un syndrome pulmonaire (œdème, détresse respiratoire).
Aucun vaccin ni traitement antiviral spécifique n’existe ; la prise en charge est symptomatique : repos, antalgiques (hors aspirine ou AINS toxiques pour les reins), oxygénothérapie, stabilisation tensionnelle ou dialyse en réanimation.

Protocole sanitaire draconien par décret
Les cinq Français rapatriés par avion spécial (sans contact avec la population) sont en quarantaine hospitalière pour évaluation médicale et épidémiologique. À l’issue, isolement possible jusqu’à 42 jours selon le risque. Les 22 cas contacts en France – liés aux vols Sainte-Hélène-Johannesburg (4Z132, 25 avril) et Johannesburg-Amsterdam (KL592) – doivent se signaler sous 3 jours pour quarantaine à domicile ou isolement.
Huit Français de ces vols étaient déjà isolés depuis une semaine. Non-respect des mesures : 6 mois de prison et 10 000 € d’amende, dispositions qualifiées de « plus strictes de l’UE » par la ministre. Sébastien Lecornu a validé un décret de 7 articles au Journal Officiel pour encadrer ces restrictions.la-croix+1
Surveillance renforcée et faible risque pour le public
Pour l’instant, aucun cas secondaire n’est rapporté en France, où une centaine de cas annuels de formes rénales endémiques surviennent déjà via le Centre National de Référence Hantavirus (Institut Pasteur). Les autorités appellent à la vigilance sans panique : le risque pour la population reste « faible » grâce aux protocoles.
Cette première incursion met la France en première ligne face à un virus émergent, avec une mobilisation exemplaire pour contenir la menace.
