L’Algérie franchit une nouvelle étape dans la lutte contre la traite des êtres humains. Un décret exécutif signé par le Premier ministre Saïfi Gharib officialise la mise en place d’un fonds spécial pour aider et accompagner les victimes. Ce mécanisme renforce l’engagement de l’État en faveur de leur réhabilitation et réinsertion sociale.
Le décret n° 26-164, du 21 avril 2026, encadre la gestion du compte d’affectation spéciale n° 302-158. Placé sous l’autorité directe du Premier ministre (ordonnateur principal), ce fonds cible les programmes de soins, de réadaptation et de réintégration.
Un financement innovant tiré des sanctions pénales
Ce qui distingue ce fonds, c’est son alimentation principale par les fruits de la répression des réseaux criminels. Selon l’article 3 du décret, ses ressources proviennent des amendes prononcées contre les condamnés pour traite d’êtres humains ou immigration clandestine, ainsi que d’une partie des fonds saisis et de la vente des biens confisqués lors de ces délits.
Des dons, legs et subventions étatiques complètent ces rentrées, assurant une stabilité à long terme pour soutenir les victimes.
Une aide complète pour reconstruire des vies
Au-delà du soutien financier, le fonds propose une prise en charge holistique. Il finance l’assistance médicale, psychologique et sociale, des programmes de rééducation et de réinsertion, aidant surtout les nationaux à retrouver une vie normale.
Il soutient aussi le rapatriement volontaire et sécurisé des victimes étrangères, et contribue aux stratégies nationales de protection menées par l’État et les autorités.
Une supervision interministérielle pour plus de transparence
La gestion reste irréprochable grâce à une coordination entre ministères. Un arrêté conjoint du Premier ministre et du ministre des Finances définira la liste des recettes et dépenses. Les pourcentages prélevés sur les avoirs confisqués seront fixés avec le ministre de la Justice.
